Trouver ma place

J’ai grandi sans connaître mon père. Mon enfance a été marquée par les dépendances dans ma famille, les placements en familles d’accueil et les centres d’accueil. J’ai souvent changé d’endroit, alors que ce que je voulais était simple : avoir une famille et sentir que j’avais ma place.
Plus tard, j’ai moi aussi connu les problèmes d’alcool et de drogue. Ça fait partie de mon histoire. Mais ça ne raconte pas toute ma vie.
Le jour où j’ai changé de direction
Le 5 décembre 2003, j’ai arrêté de consommer. Depuis, je n’ai repris ni alcool ni drogue.
J’ai construit ma vie, élevé mes quatre enfants et travaillé fort. J’ai été camionneur pendant une dizaine d’années et plus, et j’ai eu mon entreprise de transport. J’avais parcouru beaucoup de chemin. Pourtant, il me restait un rêve que je remettais toujours à plus tard : courir.
Commencer par marcher

En 2024, des retrouvailles et des conversations avec des personnes de ma famille d’accueil ont ravivé cette envie. Quand elles me parlaient de course, je voyais leurs yeux briller. Je voulais comprendre ce bonheur-là. Je voulais le vivre, moi aussi.
Alors, j’ai commencé. Et j’ai découvert que je partais de loin. Le visage rouge, le souffle court, incapable de courir deux ou trois kilomètres. Je me demandais sérieusement si j’allais y arriver. Il a fallu commencer par marcher.
J’ai marché environ 400 kilomètres avant d’arriver à courir quelques kilomètres. Mon premier cinq kilomètres sans arrêt m’a pris près de cinquante minutes. J’avais presque les larmes aux yeux.
Cinquante minutes, ça peut sembler long à quelqu’un d’autre. Pour moi, c’était immense.
Retrouver mon équilibre
Je n’ai pas lâché. Une marche, une sortie, un entraînement à la fois, le sport a pris sa place dans ma vie. J’ai perdu du poids, gagné de la force et retrouvé de l’énergie. Je suis devenu plus souriant, plus positif.
Aujourd’hui, la course contribue à mon équilibre, avec ma sobriété, ma famille et mon travail. Elle est arrivée bien après mon arrêt de consommation, mais elle a ajouté quelque chose de précieux à la vie que j’avais reconstruite : le plaisir de découvrir ce dont je suis encore capable.
Pourquoi j’ai créé CoachRunning

J’y consacre des mois de travail personnel parce que je sais ce que ça représente de commencer. Je connais le doute, l’essoufflement et cette petite voix qui dit : « Ce n’est peut-être pas pour moi. »
J’aimerais que quelqu’un qui arrive ici puisse se dire : « Je peux commencer comme je suis. Je peux y aller à mon rythme. Moi aussi, j’ai ma place. »
CoachRunning, je le construis pour que tu puisses organiser ta progression, trouver des outils utiles et, si tu le souhaites, chercher l’accompagnement d’un coach. Je souhaite y voir grandir une communauté où les premiers pas comptent autant que les grandes distances.

Aujourd’hui, je suis debout.
J’ai 55 ans. Depuis le 5 décembre 2003, je n’ai pas bu une bière, ni consommé d’alcool ou de drogue. Plus de 22 ans de sobriété. J’ai aussi laissé la cigarette derrière moi. Aujourd’hui, je me tiens debout, la tête haute, fier du chemin parcouru et de la vie que j’ai reconstruite. Mon passé fait partie de moi, mais je suis bien plus que ce que j’ai traversé. Et chaque pas que je fais aujourd’hui, je le fais pour continuer à vivre pleinement.
Mario ParadisCréateur de CoachRunning